13 novembre 2018

1918-2018.....
Le Corps Préfectoral dans la Grande Guerre.

En ces commémorations de la célébration des 100 ans de l'armistice du 11 novembre 1918, il est pour moi important de rappeler que le Corps Préfectoral a payé un lourd tribut durant la Grande Guerre. 

268 membres du Corps Préfectoral furent appelés sous les drapeaux dès les 2 août 1914, auxquels s'ajouteront plusieurs dizaines de leurs collègues, tout au long du conflit.

Sont mort pour la France:

3 Préfets
5 Secrétaires Généraux
22 Sous-préfets
8 Conseillers de préfecture
16 Chefs de cabinet de Préfet
12 rédacteurs ou agents du service intérieur 

et bien sur de très nombreux de ces membres seront décorés pour faits de guerre de la Légion d'Honneur, de la Croix de Guerre et de la Médaille Militaire ou de nombreux ordres étrangers des forces alliées et même cités à l'Ordre de la Nation.

En 1921, remise de décoration, un Sous-préfet fait parti des récipiendaires.
Coll. J.CORNIEUX


Le Préfet de l'aube dans les années 30...Il arbore fièrement sa Croix de Guerre sur sa poitrine entre la Légion d'Honneur et l'Ordre du Mérite Agricole. 
Coll.J.CORNIEUX

Felix SAVELLI Sous-Préfet de MONTLUÇON et de LAPALISSE
Titulaire de la Croix de Guerre il sera mobilisé durant toute la durée du conflit.

Emile Buloz en 1921
Coll.J.CORNIEUX

Pour ses actions menées au cours de la guerre dans le Pas-de-Calais, le Préfet BULOZ (Alors Sous-préfet de Boulogne/Mer) recevra la Croix de Guerre 14-18 ainsi il sera cité à l'ordre de la Nation le 4 octobre 1918, sera fait Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique par sa Majesté le Roi d’Angleterre lors de sa venue à Boulogne/Mer en 1919 et Chevalier de l'ordre de la Couronne de Belgique. 




Le premier tué sera LESSARD Maurice Conseiller de Préfecture du département de la Sarthe mobilisé comme capitaine au 28e régiment d'infanterie territoriale. Il tombe au champ d'honneur le 26 août 1914....

Le premier Préfet tué à l'ennemi est Alfred ROTH, sous-lieutenant au 69e d'infanterie. Il tombe devant Curlus dans la Somme en juillet 1916....

Que dire de l'ex Préfet COLLIGNON , Conseiller d'Etat le 2 août 1914 qui à 57 ans, s'engage comme simple soldat, refusant les galons d'officier dus à son rang, qui tombe à Vauquois en mars 1915 en portant secours à un blessé...

Le Préfet COLLIGNON
Coll J.CORNIEUX

Tous furent incorporés dans des régiments combattants et contrairement à ce que l'on peut croire, leurs statuts d'avant guerre , ne leur donne pas de "passe droit" (et souvent selon leur propres demandes) pour être à l'arrière.

Il y eu de nombreux grands blessées et des prisonniers et otages.... 

Quant à ceux qui restèrent dans leurs départements, ils eurent la lourde charge du ravitaillement, de l'administration militaires comme la mobilisation et surtout le réconfort moral des populations locales et des flots de réfugiés, les invasions ennemis dans les départements du Nord et Nord Est, comme Edouard BRIENS;

Nommé préfet de l'Allier le 7 septembre 1903, Léon Briens poursuit sa carrière dans l'Hérault le 8 décembre 1906 puis en Côte-d'Or le 4 février 1908, avant d'être appelé à la préfecture du Pas-de-Calais le 20 octobre 1911.
D'un abord naturellement froid, il laisse l'image d’un homme ayant le sourire discret mais accueillant, la poignée de main distinguée mais cordiale. Son caractère affable et sa courtoisie facilitent ses relations avec les autorités militaires et religieuses, ainsi que la mise en œuvre de l'Union sacrée. En poste lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il demeure à Arras pendant la première année du siège et ne s'installe à Boulogne-sur-Mer que sur l'ordre du ministre de l'Intérieur.
Officier de la Légion d'honneur en juillet 1912, il est promu commandeur le 14 octobre 1916, décoration qui lui est remise par le Président de la République en personne, lors de son voyage dans le Nord de la France : Briens n'a cessé depuis le jour où a commencé le bombardement d'Arras de donner à la population l'exemple du calme et du courage. A assuré au chef-lieu du département, avec un dévouement de tous les instants et au mépris du danger, les mesures de protection, de sécurité et d'hygiène qu'imposaient les circonstances.

Edouard Briens (1859-1918) Ancien préfet de L'Allier
Coll. J.CORNIEUX

Le Préfet Briens dans les ruines d'ARRAS....


Georges BEGUE (ancien sous-préfet de Montluçon) aux cotés du Maréchal Joffre, ancien combattant de 14/18. Il porte d'ailleurs sa Croix de Guerre.


Ci-dessous les uniformes du Préfet BEGUE
Coll.J.CORNIEUX



Un hommage solennel fut rendu le 7 novembre 1923 aux combattants de cette administration et on inaugura un monument aux morts au Ministère de l’intérieur ....il rappelle les noms de 45 héros (pourquoi n'y sont 'ils pas tous??) 


A eux, la Patrie reconnaissante...





25 juillet 2018

CHARLES EUGÈNE GAUTIER 

Le Sous-préfet de Gannat  (1881-1889) au destin tragique.






Vues de la Sous-préfecture de Gannat  et du parc vers 1900/1905 et telle que l'a connue Ch.GAUTIER.(Collection.J.Cornieux)



Charles Eugène GAUTIER est né à Aix-en -Provence le 21 décembre 1853.
Bachelier en 1872,il obtient ensuite un doctorat en droit. 

Après un passage au cabinet du ministre de l'Intérieur Ernest CONSTANS (gouvernement De Freycinet), il est nommé sous-préfet de Gannat et une carrière des plus  prometteuse s’offre à lui.

Charles Eugène GAUTIER (et non GAUTHIER comme on peut le lire parfois) en uniforme de sous-préfet alors en poste à GANNAT.
Il porte sur sa tunique l'étoile d'officier de l'Ordre du Nichan-Iftikar (Protectorat de Tunisie) et l'Ordre de chevalier des Palmes Académiques.(cliché aimablement communiqué par Mme Elizabeth LECUYER, arrière petite fille du Sous-préfet GAUTIER)

Etoile d'officier de l'Ordre Tunisien du Nichan-Iftikhar
Le centre porte le monogramme de chaque Bey, ici celui de Mohamed Sadok 1853-1882.
(Collection J.CORNIEUX)

Il épouse à Chantelle le 26 septembre 1882, Anne-Julienne FAYOLLET de BAUBARD, issue de la bourgeoisie locale. C'est Philippe Gustave NOIR, Maire de Chantelle et Conseiller Général de 1876 à 1898, qui est l'origine de ce mariage. Anne-Julienne , n'est autre que sa nièce et c'est lors d'une visite à Chantelle, que le maire lui présenta la charmante jeune fille.


Article du journal L'Univers du 12 octobre 1882

Docteur Philippe Gustave NOIR, maire de Chantelle de 1876 à 1898, Conseiller Général  et Directeur des Eaux de Bourbon-l'Archambault.(cliché aimablement communiqué par Mme Elizabeth LECUYER, arrière petite fille du Sous-préfet GAUTIER)

Charles Eugène GAUTIER en famille, au dessus de sa jeune épouse et aux cotés de ses parents, Sidoine GAUTIER et Adèle BLANC.(cliché aimablement communiqué par Mme Elizabeth LECUYER, arrière petite fille du Sous-préfet GAUTIER)

Tout se déroule pour le mieux et dans le meilleurs des mondes et comble du bonheur, Mme GAUTIER attend même un heureux événement.

Le 25 août 1889, Le Sous-préfet GAUTIER se rend à Moulins, à la Préfecture, pour assister à une session du Conseil Général. Soudain, en pleine séance, il est frappé d'une crise d'apoplexie et malgré les soins appropriés par les docteurs CORNIL, GACON et DELARUE (Conseillers Généraux) il décédera à la Préfecture le soir  même à 21h20, il avait seulement 35 ans!

Nécrologie du Sous-préfet GAUTIER dans le journal des Débats du mardi 27 août 1889


Journal Le Radical du 28 août 1889



Il laisse une veuve qui accouchera un mois plus tard et donnera naissance à un garçon qu'elle prénommera... Charles Eugène;

Les obsèques se dérouleront à Chantelle, en grande pompe. Le Corps Préfectoral de l'Allier est là; Le préfet VINCENT, les sous-préfets de Montluçon (Jean LASCOMBE) et de Lapalisse (Hyacinthe de FONT-REAULX) ainsi que Nicolas BOUCHERON, vice-président du Conseil de Préfecture.

Présents aussi, le député Alphonse LABUSSIERE et le maire de Gannat, le docteur Gabriel DELARUE. La foule est venue en nombre honorer la mémoire du défunt et saluer l'homme aimé unanimement de tous .



Sépultures au cimetière de Chantelle de Charles GAUTIER (à droite) et de sa femme.(cliché aimablement communiqué par Mme Elizabeth LECUYER, arrière petite fille du Sous-préfet GAUTIER)

Le 3 décembre 1889, est nommé  suite au décès de Ch.GAUTIER, Lucien FIRBACH à la Sous-préfecture de Gannat.

Je remercie chaleureusement Mme Elizabeth LECUYER, grâce à laquelle cet article a pu prendre forme.

Sources: Louis VIRLOGEUX Les cahiers du Bourbonnais.

25 avril 2018

JEAN-XAVIER BUREAU DE PUSY

Troisième Préfet de l'ALLIER
2 novembre 1801-30 juillet 1802



Continuons notre étude sur les Préfets du département de l'Allier...pour ceux des élus qui regrettent actuellement que les préfets restent peu de temps, vous constaterez qu'au début du 19e siècle, ils se succédaient rapidement.
 Jean-Xavier BUREAU de PUSY qui officiera en qualité de 3e préfet de l'ALLIER ne déroge pa à cette règle.
Il arrive à Moulins dans l'Hôtel Préfectoral (Hôtel d'Ansac)le 6 décembre 1801.
Jean-Xavier Bureau de Pusy, est né le 7 avril 1750 à Port sur Saône et mort le 2 février 1806 à Gênes en Italie.
Il est ingénieur militaire  de formation puis homme politique, il exerça son activité pendant la période de la Révolution.
Sa demeure en Haute-Saône était le château de PUSY situé à 5 kilomètres de Vesoul.
(Photo A J B)

Il est le fils de Jean-Baptiste Bureau de Pusy de Port-sur-Saône, conseiller correcteur de la Chambre des comptes de Franche-Comté, et petit-fils de Pierre-François Choullat.
Entré, le 1er janvier 1771, à l'École du génie en qualité de lieutenant en second, il est ingénieur militaire au Fort de Joux en 1786, puis capitaine au corps royal du génie en 1789.
Il fut élu, le 11 avril 1789, député de la noblesse aux États généraux par le bailliage d'Amont. Il se fit remarquer parmi les partisans les plus modérés des réformes promises ou espérées, tout en soutenant le pouvoir royal qui lui paraissait la plus sûre garantie de l'ordre et de la liberté. Membre de la plupart des comités, militaire, diplomatique, colonial, des finances, etc., il coopéra très activement à la nouvelle division territoriale de la France, combattit l'aliénation des biens du clergé et montra les dangers des restrictions imposées à l'autorité du roi sur l'armée.
Il fut, par trois fois, nommé président de l'Assemblée constituante, du 2 au 24 février 1790, du 11 au 25 septembre 1790 et du 24 mai au 6 juin 1791. Le 4 février 1790, il avait, en cette qualité, à répondre à un discours du roi ; il fallait ménager à la fois la majesté du trône et les susceptibilités de la représentation nationale ; Bureaux de Puzy sut, à force de tact et avec un sentiment parfait des convenances, satisfaire à la fois et la cour et l'Assemblée.
Après la session, il reprit son service de capitaine du génie, et continua à défendre les principes constitutionnels. Mandé, à ce sujet à la barre de l'Assemblée législative, il se justifia avec autant de sincérité que de dignité ; la 1re janvier 1792, Louis XVI lui donna la croix de Saint-Louis. Mais les événements se précipitaient ; l'Assemblée avait prononcé la déchéance du roi, et on exigeait de l'armée de nouveaux serments : Bureaux de Pusy résolut d'émigrer en Amérique, et partit avec Lafayette, Latour-Maubourg et Lameth. À peine hors de France, il fut arrêté avec sa femme et ses compagnons par les troupes autrichiennes, et jeté dans les cachots d'Olmütz, où il resta cinq ans.
En 1797, Bonaparte, vainqueur des Autrichiens, exigea, aux négociations d'Udine, et sur l'ordre exprès du Directoire, la délivrance des prisonniers d'Olmütz ; le 29 septembre, cinq ans et un mois après leur arrestation, Bureaux de Puzy, sa femme et les autres furent délivrés et conduits à Hambourg. De là, Bureaux de Puzy passa aux États-Unis, où il reçut un accueil chaleureux comme compagnon d'infortune de Lafayette. On lui offrit de vaste, concessions de terrain sur les rives de la Delaware, mais il n'avait pas renoncé à revenir en France, et, lorsque le gouvernement consulaire eut, après le coup d'État du 18 brumaire, rayé de la liste des émigrés les membres de l'Assemblée constituante qui avaient reconnu la souveraineté du peuple, il s'empressa de l'entrer, et reprit ses biens invendus.
Le 11 brumaire au X, le Premier Consul l'appela à la Préfecture de l'Allier, puis, le 11 thermidor de la même année, à celle du Rhône ; il y fit preuve d'un esprit très conciliant, et s'y montra administrateur habile.
Commandeur de la Légion d'honneur, du 25 prairial an XII, il fut nommé préfet de Gênes le 15 messidor an XIII ; il eut à réprimer une émeute des Parmesans, et put, sans verser une goutte de sang, pacifier les campagnes génoises, en haranguant lui-même les mécontents. Son succès fut complet, mais il l'apporta de cette expédition les germes de la maladie qui l'emporta quelques mois après.

Son fils, Maurice, sera député de l'Allier en 1835, 1842, 1846 et Commissaire du Gouvernement de l'allier en 1848.


Jean-Xavier Bureaux de Pusy est surtout connu pour le découpage de la France en 83 départements à l’époque. Un timbre lui est consacré en 1990 à l’occasion du bicentenaire de la création des départements français.


LES DOCUMENTS:
Toujours puisés de ma collection, ces documents d'époque montrent l'importante correspondance qui était entretenue avec les élus et en particulier les maires des communes de l'Allier.
Les lettres présentées sont adressées au Maire de la commune de Château-sur-Allier.
Avant tout, ce premier document en date du 3 février 1802 est un de ceux qui furent à remplir dès l'arrivée du préfet. Il est adressé au dos au Citoyen Préfet du Haut-Rhin. Il lui permet de vérifier l'authenticité des pièces qui émanent de la Préfecture de l'Allier et qui sont signées par le Préfet et son Secrétaire Général (Pierre LUYLIER, pour sa biographie, voir l'article précédent qui concerne le préfet DIDELOT).
(Collection J.CORNIEUX)


Détails de la superbe vignette d'en-tête.

La lettre en dessous, émane de la sous-préfecture de Moulins comme indiqué en haut à gauche:
Bureaux de la Sous-préfecture".

 Il est important de signaler que de 1811 à 1815, il y a près du préfet de chaque département un Auditeur au Conseil d'Etat qui à le titre et les fonctions de Sous-préfet de l'arrondissement.
Ce qui  porte à 4 le nombre de Sous-préfectures: Lapalisse, Gannat, Montluçon, Moulins.
Cette dernière (Moulins) sera supprimée par l'ordonnance du 20 décembre 1815. Elle n'aura eu qu'une existence éphémère. 

Les Sous-préfets de l'arrondissement de Moulins sont durant cette période:

- Janvier 1811: Guillaume Barbat du Closel
- Avril 1813: Philippe Pallavicini
- Juillet 1814: Auguste de Pons
- Avril 1815: Jean François Burelle
- Juin 1815: Clément Delaage
- Juillet 1815: Auguste de Pons

Elle date du 28 avril 1802 et est signée (signature autographe) par le Préfet Bureau de Pusy qui signe JX Bureau-Pusy et nomme les répartiteurs pour la commune de Château-sur-Allier.

Les répartiteurs sont nommés dans chaque commune pour la répartition des contributions directes, qui les consigneront sur un registre à ce destiné, le tout à l'intervention, autant que possible, des contrôleurs des contributions directes, chargés de diriger toutes leurs opérations.

 Lettre autographe du préfet Bureaux de Pusy en date du 8 floréal An X (28 avril 1802).(Coll.J.Cornieux)

Diverses circulaires avec signatures directement imprimées:

(Collection J.CORNIEUX)


Lettres avec signature par "griffe"(tampon) elle dat du 6 août 1802:

 (Collection J.CORNIEUX)

Ci-dessous, ce très interessant document... Il date du 19 nivôse An X, soit du 9 janvier 1802. Il s'agit d'un "bon de roulage"qui nous informe de la livraison au Citoyen Préfet de l’Allier (J.X Bureau de Pusy à cette date, pour mémoire il n'est arrivé à Moulins que depuis le 9 décembre) "d'une caisse cordée contenant un fourneau et une presse à bascule avec leur poinçons destinée à marquer les nouvelles mesures de la république et deux séries de carafes de verre" 
C'est le 22 juin 1799, que la longueur du mètre te le poids du kilogramme sont définitivement arrêtés. 
Mais c'est un travail de longue haleine pour l'application des nouvelles unités de poids et mesures qui remplacent celles de l'Ancien Régime et dans l'Allier ce n'est qu'en 1802 que ces mesures seront définitivement fixées.
Ce document est donc d'un grand intérêt historique...

12 avril 2018

Le Préfet François Charles Luce DIDELOT
Deuxième Préfet de l'ALLIER
23 janvier 1801- 02 novembre 1801

Armoiries de François DIDELOT

Toujours issus de mes archives personnelles, je vous présente de rares documents relatifs au second préfet de l'Allier. Rares car François Charles Luce DIDELOT n'est resté que 10 mois à la tête de notre département, dont seulement 7 mois effectifs! 

C’est à Paris (St-Eustache) le 29 mars 1769 qu'est né le Baron François Charles Luce DIDELOT de Jean-François DIDELOT, Fermier Général et d'Anne de la PIERRE.

En 1786, il est régisseur général adjoint de son père , Jean-François Didelot, fermier général.
Il devient inspecteur principal, gérant de la manufacture de tabac du Gros-Caillou dans le 7e arrondissement de Paris le 27 octobre 1795.
Il est nommé Préfet du Finistère le 04 avril 1800. Il y fait poursuivre les Chouans assassins de l'Evêque  constitutionnel AUDREIN.

Le 10 janvier 1801, le préfet DIDELOT est lui-même attaqué par des chouans et perd un gendarme de son escorte.
Le 23 janvier 1801, il est nommé Préfet de l'Allier avant, en novembre de la même année 1801, de faire partie des quatre premiers Préfets du Palais  Consulaire de la Malmaison ; il reste dans cette fonction jusqu'en octobre 1802. En octobre 1802, tout en gardant son rang de préfet du palais, il est nommé Ministre Plénipotentiaire à STUTTGART près l'Electeur du Wurtemberg, puis ambassadeur au Danemark en 1807 et Chambellan de l'Empereur le 15 décembre 1811. 
Commandeur de la Légion d'Honneur le 14 juin 1804.
Il est nommé Baron d'Empire le 30 août 1811.
Il est ensuite Préfet du Cher le 12 mars 1813, maintenu sous la Première Restauration,Préfet de la Dordogne le 6 avril 1815 durant les Cents-Jours. Révoqué sous la Seconde Restauration, retiré pendant quelques années de de la vie publique, il est nommé le 24 février 1819 Préfet de l'Aude. Sa dernière nomination est celui de Préfet de la Charente le 19 juillet 1820, mais il est non-acceptant. Il cesse ses fonctions de préfet de l'Aude très peu de temps après.Il décedera le à Passy le 1er novembre 1850.


Bulletin des lois de la République N°66 du 22 janvier 1801:

Bonaparte Premier Consul nomme le Citoyen DIDELOT Préfet du département du Finistère, Prefet de l'ALLIER en remplacement du Citoyen HUGUET appelé à d'autres fonctions.

Il n'arrivera à MOULINS que 29 avril 1801....

(Collection J.CORNIEUX)

Un document particulièrement rare...Le 22 mai 1801( 2 Prairial an IX) le tout nouveau préfet de l'Allier remplit comme il se doit la fiche  adressée aux Préfets des autres départements, sur laquelle il apposera lui et son Secrétaire Général, sa signature autographe, sa griffe (tampon) et le Timbre ( sceau) de la Préfecture de l'Allier.Ce document que tous les préfets remplissent sert à authentifier les pièces rédigées par chacun. 

(Collection Jerôme CORNIEUX)

Le Secrétaire Général est Pierre LUYLIER (du PLAIX) né le 10 mars 1756 à MEAULNE dans l'ALLIER. Son père était Lieutenant de la maîtrise royale des Eaux et Forêts à CERILLY.
il exerce ses fonctions de Secrétaire Général de Préfecture depuis le 5 mai 1801, donc depuis quelques jours, car le document date du 22 du même mois.Il y restera jusqu'au 20 août 1802. LUYLLIER est un agent secret à la solde des Bourbons....Il était en jusqu'en 1790 administrateur du directoire du district de Cerilly, puis administrateur du directoire du département et procureur syndic à MOULINS.
Il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur par ordonnance royale du 15 janvier 1815.


Et enfin cette tres belle lettre portant la signature autographe du Préfet DIDELOT.....Elle est adressée au Citoyen RONDEPIERRE au sujet de l'acquisition d'un bien au titre des Domaines Nationaux de l'Eglise vendus dès novembre 1789. Elle date du 24 juillet 1801.
Elle porte en marge une annotation successorale postérieure (4 janvier 1806) de FALLIER Notaire à Souvigny. 

(Collection J.CORNIEUX)

Ces deux derniers documents portent comme sous l'Ancien Régime des vignettes en-tête.
Cette particularité qui se rencontre encore sous l'Empire va se perdre quelques années plus tard...
Les deux superbes sujets sont ici à connotation révolutionnaire....La Révolution n'a eu lieu que depuis 12 ans et cette symbolique reste omniprésente sur les documents administratifs en particulier.




Le premier Timbre de la Préfecture de l'Allier....Au bas "DEPT DE L ALLIER"
La encore la référence révolutionnaire est nette  et s'inspire avant tout de la symbolique antique romaine.
Une femme drapée à l'antique symbolisant la nouvelle Première République est armée d'une pique (arme révolutionnaire par excellence)  surmontée du fameux bonnet phrygien(coiffure des esclaves affranchis de l'empire Romain). De l'autre main elle tient un faisceau de licteur (là encore d'origine romaine) symbole de l'unité et de la force française.
On note la devise LIBERTÉ-UNION-ÉGALITÉ; la devise LIBERTÉ-ÉGALITÉ -FRATERNITÉ ne devenant officielle qu'en... 1848!



La République par Jean-Antoine GROS 1794

04 février 2018

Emile Marie Hilarion BULOZ
ou les déboires tragiques d'un préfet de province...


Photographie originale daté 1921 du Préfet Emile BULOZ;  Elle porte une dédicace autographe adressée un an avant sa mort, à M.Edmond QUINTARD Conseiller Général de la Vienne.
Collection Jérôme Cornieux.

Dernière acquisition photographique en date, ce très beau cliché original de 1921 du Préfet Emile BULOZ est à l'origine de ce nouvel article.

Emile BULOZ est né à Toulon dans le Var le 19 octobre 1866. Son père Eugène, est capitaine au 29eme régiment d'artillerie quand il meurt à 46 ans....
Seul avec sa mère, Emile suit des études studieuses et obtient un baccalauréat ès sciences puis en droit. Soutient de famille il est exempté de service militaire.

Le 24 juin 1885, il commence sa carrière professionnelle comme commis auxiliaire des chemin de fer du P.L.M à Aix.

En janvier 1892, il devient Chef de Cabinet du Préfet des Basses-Alpes.
Il attaché en 1893 au cabinet du Président du Conseil du Ministre de l'Intérieur Alexandre RIBOT.

Photographie originale d'Emile BULOZ, prise à Paris en 1893. La curieuse dédicace (quand on connait la fin tragique du Prefet BULOZ) est très certainement postérieure et est adressée à son frère Philippe... 
Collection J.CORNIEUX

En 1896, il entre dans le Corps Préfectoral comme Sous-préfet d'Embrun dans les Hautes-Alpes.
Il va exercer comme Sous-préfet à Avallon dans l'Yonne, Châteaudun dans l'Eure -et-Loire.
En 1899, il part en Roumanie dans le cadre d'une Mission pour le Ministère des Affaires Etrangères.
Il revient en 1913, comme Sous-préfet de Cholet dans le Maine-et-Loire;
Quand la Grande Guerre éclate il est Sous-préfet de Vendôme dans le Loir-et-Cher et en 1918, il sera nommé à Boulogne -sur-Mer.

En 1920, ses services sont récompensés par le Ministère de l'Intérieur. Il est nommé Préfet du département des Deux-Sèvres, puis de la Vienne en 1922.


Pour ses actions menées au cours de la guerre dans le Pas-de-Calais, le Préfet BULOZ (Alors Sous-préfet de Boulogne/Mer) recevra la Croix de Guerre 14-18 ainsi il sera cité à l'ordre de la Nation le 4 octobre 1918, sera fait Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique par sa Majesté le Roi d’Angleterre lors de sa venue à Boulogne/Mer en 1919 et Chevalier de l'ordre de la Couronne de Belgique. 






On distingue sur sa poitrine les décorations suivantes: Chevalier de la Légion d'Honneur obtenue le 25 juillet 1919, Croix de Guerre 14-18, Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique, Chevalier de l'Ordre de la Couronne de Belgique, Officier d'Académie, Officier du Mérite Agricole et en partie cachée, Médaille d'Or des Secours Mutuels.
En dessous, il porte la plaque de Grand Croix de l'Ordre Tunisien du Nichan Iftikar au chiffre du Pacha Ali Bey 1882-1902.


La belle carrière d 'Emile BULOZ est donc une des plus prometteuse parmi celles de ces homologues préfets de l'époque...

Mais voilà qu'en juillet 1924, une affaire des plus étonnante rattrape notre préfet...Un abus de confiance! L'affaire fait grand bruit à l'époque et la presse parisienne ne manque pas cette occasion pour faire la une.












On reproche au Préfet BULOZ, d'avoir "emprunté" en 1918 un registre municipal très ancien de la commune de Villedieu-en-Beauce petite bourgade du Loir-et-Cher.
L'emprunt est modeste semble t'il.....oui mais dans ce rare registre d'époque est mentionné l'acte de baptême de RONSARD et d'autres célébrités locales!
On apprend aussi après enquête des agents de l'inspection du Ministère de l’Intérieur, que le Préfet est aussi grand amateur de brocantes et aurait pris le temps au cours de ses diverses mutations, de se servir allègrement dans les greniers et caves des sous-préfectures et préfectures, emportant avec lui nombres d'objets appartenant à l'Etat!

Voilà notre préfet en bien fâcheuse posture.....Il demande d'être démis de ses fonctions pour mieux pouvoir se défendre. Le Ministre Camille Chautemps accède immédiatement à sa demande, et la presse se déchaîne...








Timidement, le Préfet BULOZ avoue les faits à demi-mots et que le registre lui a bien été remis mais qu'il l'a perdu depuis longtemps au cours d'un de ses nombreux déménagements...ce qui ne plaide pas en sa faveur.

Les mois s'écoulent et le 7 octobre 1924, coups de tonnerre dans ce qui est devenue "l'affaire BULOZ"......On retrouve le Préfet BULOZ mort  dans une chambre de l'Hôtel d'Orsay à Paris!

Tout de suite cette mort pose question et l'on s'interroge sur ses circonstances, surtout que le procès devait se faire ce même mois d'octobre!
 les enquêteurs de la police parisienne immédiatement dépêchés sur place ordonnent une autopsie du cadavre.




Les résultats rapides indique une mort naturelle suite à une hémorragie cérébrale, malgré un sachet de substances médicamenteuses retrouvé à coté de sa dépouille...

Toutes les affaires du préfet avaient été saisies, on retrouvera dans une malle le fameux livre qui avait tant fait parler de lui et mis à mal le Préfet BULOZ....Enveloppé dans un papier, il portait une inscription " à ouvrir en cas de mort....pour ma justification et ma bonne foi"